samedi 14 novembre 2015

samedi 14 novembre 2015

Aujourd’hui, je me suis réveillée à 9h30, parce que tu dormais bien au chaud dans ton lit sans se soucier de rien…

Aujourd’hui, j’ai regardé, dès tes petits bruits dans le babyphone qui m’ont tiré de ma torpeur, mon téléphone pour voir les dernières infos sur les réseaux sociaux, même dès les pauses de mon sommeil de ma nuit très courte et très hachée, même loin, même depuis ma Belgique adoptive…

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Le premier jour du reste de notre vie

Le premier jour du reste de notre vie

16h45, elle est là, elle n’a pas encore pleuré mais je ne suis pas inquiète, une telle détermination pour sortir pour le goûter, si elle ne pleure pas c’est qu’elle n’en a pas encore envie.

Elle ne bouge pas, puis elle pleure. Je ne réalise pas du tout du tout ce qui vient de se passer, j’ai vécu les 4 dernières heures comme flottant au-dessus de mon corps, au-dessus des deux sages-femmes, au-dessus du papa qui est arrivé juste à temps et super détendu alors que je m’attendais à le voir paniqué, au-dessus de cette baignoire, de ce lit, de ce moniteur. Je ne pense à rien en cette minute, je suis comme hors du temps, tout s’est arrêté. Comment en est-on déjà là, et si vite?

A 14h14, ce 14 avril, la sage-femme revenait me voir après 1h10 de monitoring où je ne comprenais pas bien ce qui se passait même en regardant l’écran et ces vagues se rapprocher de la zone rouge bien en synchronisation avec la douleur. Après un très rapide examen, elle m’annonce que je suis dilatée à 5cm, que ce sont de réelles contractions et qu’elles sont efficaces, qu’elle va chercher la sage-femme en chef et qu’elles vont me déménager en salle d’accouchement. Ah oui et au fait, j’espère que le papa n’est pas très loin, ça pourrait aller très vite. J’appelle la papa en mode automatique, mon cerveau refusant décidément de réaliser ce qui se passe. Lui en meeting au boulot me répond cette phrase dont on rigole encore aujourd’hui et à chaque fois qu’on raconte cette journée: « c’est urgent? »… « non chéri tu as encore 5 cm, prends ton temps »🙂 Je lui explique ce qui se passe et on tombe d’accord sur le fait qu’il part tout de suite du boulot, passe à la maison chercher ma valise te me rejoins.

En l’attendant, la sage-femme m’aide à me déplacer dans la grande salle d’accouchement, celle que l’on avait vu lors de la visite guidée organisée par l’hôpital 1 mois plus tôt. Je reconnais tous les détails de la pièce que j’avais, à l’époque, très bien observé. Je ne sais pas bien pourquoi mais j’avais trouvé ça très rassurant de voir les 2 salles d’accouchement, là où tout allait se dérouler. Comme une reconnaissance de parcours sportif en quelques sortes. Et non, ce n’est pas une métaphore qui ne veut rien dire. Avec des contractions de plus en plus douloureuses, traverser sur mes deux pieds ce tout petit couloir pour passer dans la grande salle d’accouchement a eu une allure de parcours sportif. Là, allongée sur le lit, pendant qu’Eline la gentille et douce sage-femme du monitoring me rebranche au monitoring, je regarde, je scrute, j’observe. J’essaie de rallumer mon cerveau mais il est en mode automatique. Comme si toutes mes ressources étaient mises de côté pour quelque chose de bien plus important qui se préparait. Je ne réalise toujours pas que tout va très vite, je suis juste là, je ne subis pas les choses non plus, je me rappelle avoir blagué avec Eline. Mais je suis en auto-pilote.

Je suis là, allongée sur le lit. Tamara, la sage-femme en chef ce jour là, arrive. Je la reconnais, c’est elle qui nous a fait la visite guidée il y a mois. Elle papote avec moi, toute tranquille, me demande quelles sont mes intentions pour supporter les contractions, ce que j’avais en tête comme plan de naissance. Elle me laisse quelques minutes pour aller appeler mon gynécologue. Je reste allongée sur ce lit, je regarde tout, la lumière du fragile soleil de printemps qui perse à travers les volets roulants pas complètement descendus, ces même volets que je passais des heures à regarder chez mes grands-parents à Reims, dans la faible lumière du matin, lorsque ma petite soeur n’était pas encore réveillée. J’ai mal (enfin toutes les 5 minutes en tous cas) mais je me sens très à l’aise dans cette salle. C’est très difficile à expliquer. Je suis dans un hôpital, endroit que beaucoup de personnes détestent au plus haut point, je suis entourée de 2 sage-femmes qui me parlent dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle, je suis seule (avec bébé dans le ventre mais papa n’est pas encore là) et j’ai mal. Mais quelque chose de beaucoup plus fort que tout ça fait que je me sens bien. Je sais. Tout va bien se passer.

Tamara revient et me dit que mon gynécologue aimerait percer la poche des eaux parce qu’il aimerait accélérer le travail comme je suis hypertendue en fin de grossesse. La Helene d’aujourd’hui, non enceinte, non shootée aux hormones aurait très certainement usé d’un sarcasme évident mais là je ne dis rien. Elle me dit juste que si je suis d’accord, elle aimerait attendre le papa parce que oui, ça peut plus vite après. Oui je suis d’accord, je fais 200% confiance à mon gynécologue, et oui je préfère attendre le papa. Pendant ce temps, je prends les contractions un petit peu comme elles arrivent pour citer Muriel Robin. Tamara me file des petits tuyaux pour ne pas lutter contre et respirer correctement. A ce moment là, je me rappelle très clairement avoir pensé que la manière de souffler en petit chien que ‘on voit dans les films ne m’aurait pas du tout aidé. Et non, je n’ai pas regretté une seconde ne pas avoir fait de yoga ou de cours de respiration en tout genre. Je m’en sors avec de profondes inspirations en regardant ces raies de lumières dans ces volets. Je vois bien qu’il fait très beau dehors et je souris. Alors oui entre les contractions, pas en permanence non plus, je suis pas Wonder Woman, mais je souris.

Papa rappelle pour vérifier qu’il n’a rien oublié de la valise qui était posée dans la chambre du bébé mais pas complètement fermée, avec une liste papier par-dessus des choses à y mettre à la dernière minure (je pensais pas que la dernière minute à la maison sans bébé était déjà derrière moi…) Et me dit qu’il part de la maison. 15 minutes après, il est là. Il est 15h30. Les sages-femmes l’ont attendu dans le couloir, pour lui montrer le chemin et l’ont accueilli en roi, « ah IL est là », genre c’est bon on peut commencer la grosse fête maintenant. Il est là avec son sac-à-dos bourré de trucs pour passer le temps et ma petite valise verte. Genre on arrive pour passer des vacances en salle d’accouchement quoi. Tamara m’a présenté entre temps une très jeune sage-femme étudiante, et me demande si ça me va que la jeune étudiante Liselotte me perce la poche des eaux. Encore une fois c’est pas comme si j’étais stressée, je flotte au-dessus de mon corps donc oui on y va, soyons fou, c’est open-utérus aujourd’hui de toutes façons si j’ai bien compris le principe de l’accouchement…

dernière photo avec la louloutte à l’intérieur, la poche des eaux a été percée (vers 15h30)
dernière photo avec la louloutte à l’intérieur, la poche des eaux a été percée (vers 15h30)

A partir de là, en culotte méga-sexy de très prochainement jeune maman, j’attends. Tamara me parle du bain et je lui dis que j’aimerais bien essayer d’y aller pour me détendre, pour voir comment je prends les contractions dans l’eau. Papa ouvre ma petite valise verte et en sort mon bikini et son appareil photo. Non pas pour une séance photo-shoot de grossesse last-minute mais parce que perso le bain nue je le sentais pas bien. Déjà qu’on laisse sa pudeur au parking avec la maternité, j’ai bien droit à mon petit deux pièces. Il m’aide avec Liselotte à enfiler mon maillot de bain et je demande une dernière fois à aller aux toilettes. Les toilettes sont dans la même pièce séparées par un rideau. Je trouve déjà que le trajet (4 mètres à tout casser) est bien long et douloureux, et je suis contente que Liselotte me soutienne par les bras, mais une fois que je me trouve devant ses toilettes, j’ai une des plus grosses contractions depuis le début, et j’en tombe par terre, à genoux. Liselotte me retient en dessous des bras. elle est calme, pas du tout affolée, genre tout est normal ici. Je ne me souviens pas bien de tous les détails, mais je sais que mon cerveau à essayer de synchroniser la non-contraction avec faire pipi et que ça a été une des tâches les plus compliquées que j’aie eu à faire. Jusque là en tous cas.

Je reviens dans la salle et me glisse dans le bain, très compliqué aussi au milieu des contractions. Je ne sais pas combien de contractions j’ai pu faire dans ce bain, avec Papa qui avait la poire de douche pour m’asperger le ventre pour me détendre avant que ma raison ne prenne le dessus et dise à Tamara, pendant que le Papa avait pris une pause pipi: « non je le sens pas là, je veux revenir sur le lit et je veux une péridurale, ça fait beaucoup beaucoup trop mal ». Papa toujours en pause pipi, Tamara me répond tranquillement qu’elle va faire une rapide vérification pour voir comme va bébé.

Et là, une des plus grosses claque de ma vie: « Hélène, je suis désolée mais tu es dilatée à 9 cm, tu n’en verras pas la couleur de la péridurale, dans quelques minutes tu vas devoir pousser »… quand je dis claque, c’est parce que c’est CETTE PHRASE qui a réactivé mon cerveau. J’ai pleuré, quelque chose comme 10 ou 20 secondes. Et CLIC, mon cerveau a repris le dessus. Elle m’a posé LA question: « tu veux remonter sur le lit ou rester dans le bain? ». Dieu merci mon cerveau a répondu que je voulais rester dans le bain. J’avais mal, très mal, de plus en plus mal et je n’avais aucune idée d’où ça allait s’arrêter. Mais mon cerveau avait décidé (merci mon pote), « tant qu’à en chier, autant que tu restes dans le bain pour accoucher, c’est ce que tu as toujours voulu ma cocotte ». Je pense qu’il est 16h30, je suis en mode « Ok alors ma grande tu vas devoir le faire sans péridurale, tu es dans le bain et c’est ce que tu as toujours voulu. Papa est avec toi, malgré sa phobie des hôpitaux, du sang, de tout ce qui est médical. Bébé se porte très bien et démontre une très certaine détermination, ce qui est déjà un bon trait de caractère, alors on y va. » Quelques minutes après elle m’a donné le feu vert pour pousser, en fait elle m’a plutôt laissé sentir ce qui se passait et m’a dit de lui dire si je sentais devoir pousser. Ma meilleure amie m’avait déjà donné des tuyaux et je l’avais lu dans la littérature de grossesse, mais avant de l’avoir vécu moi-même je ne savais pas que ça serait si évident. A un moment, le corps décide qu’il fait pousser. Une force bien plus grande que celle qui crée les contractions décide qu’il faut y aller, qu’il est temps, que bébé et maman sont prêts pour ce dernier sprint. On voit presque la ligne d’arrivée…

Tamara se fait prendre de vitesse en restant très très calme (ce que j’ai apprécié au-delà du réel), en me disant qu’elle voyait presque la tête de bébé, et que dans quelques contractions, elle allait appeler mon gynécologue (en Belgique, le gynécologue doit être présent pour « attraper » le bébé).
Au moment où elle attrape le téléphone pour demander au Docteur Landuyt de monter tout de suite en salle d’accouchement, il est presque trop tard, je suis dans mes dernières 5 minutes de ce job de jeune femme dont je suis en train de démissionner, je vois ce nouveau job, cette nouvelle fonction que je vais prendre se pointer à la vitesse de l’éclair. Pendant que Tamara parle à mon gynécologue, j’ai 10 secondes entre deux contractions/poussées pour lui dire (et c’est la seule phrase que je prononcerais en anglais, je ne sais pas pourquoi): « Honey that is the hardest thing I ever had to do in my whole life ». J’ai rassemblé toutes mes forces, fermé les yeux pour ces dernières minutes si intenses qu’aucun mot ne peut venir les décrire correctement. J’en ai rouvert 1 très vite pour voir Dr Landuyt dans sa blouse verte débouler en salle d’accouchement très jovial s’écrier « oh mais regardez moi qui arrive là » en se penchant au-dessus du bain, et très vite s’agenouiller devant pour pouvoir attraper le ballon… Je referme les yeux et rassemble mes dernière forces, oui c’est allé très vite mais je suis épuisée par l’intensité des contractions et la rapidité à laquelle elles sont devenues si douloureuses que je sais que sans les hormones de grossesse, j’aurais depuis bien longtemps tourné de l’oeil. Je suis dans ma bulle, les yeux fermés, j’entends tout ce qui se passe à l’extérieur, j’entends que Dr Landuyt vérifie très vite si le cordon est bien placé, j’entends que le Papa est toujours aussi calme, j’entends qu’ils me demandent tous de pousser encore un peu, qu’on y est presque, j’entends que le Papa a déjà vu la couleur des cheveux… j’entends et je sens la fin de cette splendide grossesse qui arrive à grand pas, ces 8 mois (oui je suis désolée mais une grossesse c’est 9 mois, mais il n’y en a que 8 durant lesquels ont sait qu’on est enceinte), ces même un peu moins de 8 mois puisque bébé a décidé qu’un magnifique lundi d’avril, puisque je devais déjà me rendre à la maternité pour un monitoring, autant faire d’une pierre deux coups… ces un peu moins de 8 mois passé à imaginer, à essayer de me projeter sur le « après », à essayer de visualiser bébé dans le cosy, dans son berceau, dans son lit… tout cela prend fin, et ce qu’il y a derrière est beau, d’après les livres, d’après les mamans autour de moi, tellement beau que les mots de n’importe quelle langue seraient bien trop fades pour le décrire… mais je ne le sais pas encore… encore quelques secondes…

Je sais que notre fille est sortie, mais je n’ai pas encore ouvert les yeux. Je processe ce qui vient de se passer, comme pour filmer et stocker sur le disque dur de ma mémoire tous les évènements, toutes les émotions fugaces des 3 dernières heures. Puis j’ouvre les yeux… Liselotte me pose un bébé nu dont je n’ai pas encore vu le visage sur la poitrine, sur mon haut de bikini plus précisément.

Elle est là, elle n’a pas encore pleuré mais je ne suis pas inquiète, une telle détermination pour sortir pour le goûter, si elle ne pleure pas c’est qu’elle n’en a pas encore envie.

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Elle ne bouge pas, puis elle pleure. Elle fait face au Papa donc je lui demande à quoi elle ressemble. Il me répond qu’elle est magnifique. Tamara et Liselotte nous demande si nous avons déjà un prénom. Oui on a un prénom, on l’a choisi depuis longtemps son petit prénom.

Sarah,
Sarah De Vylder,
Sarah Monika De Vylder,
en hommage à sa grand-mère qui veille sur nous depuis là-haut et qui a veillé sur nous pendant ces 3 heures c’est évident..

Je demande à Papa quel jour on est. Il ne sait pas, il ne sait plus trop lui non plus. Un peu perdu dans les émotions lui aussi. C’est Liselotte qui me répond.

Lundi
Lundi 14 avril 2014
16h45

Le premier jour du reste de notre vie

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Il y a 365 jours…

Il y a 365 jours…

Il y a 365 jours, ce dimanche 13 avril 2014, j’ai essayé d’enfiler mes chaussettes pour aller dîner chez mes beaux-parents et ça m’a pris plus d’un quart d’heure. Prenant le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer (bien qu’en fait l’envie y était), j’ai posté une photo de mon ventre baleine (responsable donc de l’incident chaussette) sur Facebook avec un joli petit commentaire auto-critique.

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Il y a 365 jours, j’ai dîné le soir chez mes beaux-parents, tranquille, enceinte de 37 semaines et 1 jour. Tout allait bien, j’étais en arrêt de travail depuis 1 petite semaine, et je commençais à me préparer à l’idée que la maison serait loin d’être prête quand Poupette se déciderait à venir. De toutes façons avec ce mal au bassin que j’avais, j’allais pas me mettre à trier les dernières étagères de livres de sa chambre. Elle avait un lit de monté, une armoire où ranger ses habits et ça suffirait au moins au début.

Il y a 365 jours, j’ai eu ma grande cousine d’Allemagne au téléphone longuement le soir (maman de deux petits garçons, donc pleine de bons conseils), elle voulait savoir comment se passait cette grossesse. Et moi je lui ai répondu qu’elle avait le temps, que Poupette était encore très haut (tout en me regardant dans le miroir de profil avec mon gros ventre pour une des dernières fois).

Il y a 365 jours, je suis allée me coucher tôt, parce que j’étais fatiguée, un peu comme tous les soirs précédents en fait, essayant de grapiller toutes les minutes possibles de sommeil de l’innocente…

Il y a 365 jours, j’ai regardé notre réveil projection au plafond vers 22h et remarqué que j’avais mal au ventre. A moitié endormie, et ça je m’en souviens comme si c’était hier, je me suis réveillée vers 23h, puis minuit, puis 1h en me disant « tiens c’est marrant, on dirait que c’est régulier. Mais sans aller plus loin dans la réflexion (oui je sais dans ma 38ième semaine de grossesse, ça aurait pu me faire tilt, mais non) comme si mon cerveau avait déjà enclenché le shut-down, comme s’il savait que le stress n’amènerait rien de bon, et qu’on verrait bien ce qui se passe.

Il y a 365 jours, la nuit s’est passée comme ça, un peu entrecoupée de réveils éclairs, à regarder les heures au plafond, et à se dire que je contrôlerais peut-être avec la sage-femme le lendemain à 14h au monitoring hebdomadaire qui était prévu.

Il y a 365 jours, je me suis levée tôt, j’ai pris mon petit déjeuner, j’ai regardé des vidéos Youtube, en attendant celui qui partage ma vie pour reboire un thé tranquille avec lui avant qu’il ne parte travailler. En faisant tout de même une ou deux recherches sur internet (pour me rassurer, quelle réaction des plus débiles j’en conviens, heureusement que j’ai appris à ne plus le faire depuis), j’ai dis au futur papa un peu sur le ton de la rigolade qu’apparemment ce que j’avais était des contractions de Baxton-Hicks, et que j’étais en pré-travail, et qu’il fallait sans doute qu’il se fasse à l’idée qu’il deviendrait papa dans la semaine…

Il y a 365 jours, je suis allée me doucher, une longue douche bien chaude, je me suis lavé les cheveux, j’ai trouvé le courage de m’épiler (une intuition de mon cerveau qui était déjà parti en pilote automatique). Puis je me suis recouchée, avec mon ordi et j’ai regardé un bon film. J’ai répondu à 2 ou 3 textos qui me demandaient comment se passait la fin de grossesse, et je suis allée me faire quelques pâtes, j’avais envie de ces pâtes multicolores, avec du gruyère râpé.

Il y a 365 jours, je me suis soutenue aux meubles de cuisine pendant que l’eau de mes pâtes bouillonnait, parce que ce mal de ventre commençait vraiment à me gêner, j’ai envoyé un texto au futur papa pour lui dire que j’allais peut-être partir un peu en avance à l’hôpital pour le monitoring parce que j’avais quand même un peu sérieusement mal au ventre (sans toujours aucune idée que la fin était déjà enclenchée vitesse grand V)… en mode shutdown mon cerveau je vous dis.

Il y a 365 jours, à 13h pile, le 14 avril 2014, en train de regarder l’épisode de Friends où Rachel accouche, j’ai envoyé un texto au futur papa pour lui dire que je partais avec 1h d’avance, parce que les maux de ventre étaient réguliers et surtout très rapprochés de environ 8 min max, et que je le tenais au courant dans l’après-midi du monitoring. Je me suis lavée les dents, suis montée dans ma voiture après avoir fait coucou à notre voisin, lui aussi futur papa, et suis partie avec mon sac à main, laissant mon plat de pâtes à refroidir sur la table de cuisine.

Il y a 365 jours, j’ai été ravie d’avoir le feu rouge à la caserne de pompiers, parce que ça m’a permis de faire passer une contraction. Je suis arrivée au deuxième étage de l’hôpital, dans le couloir de la maternité, et je me rappelle qu’il m’a paru une éternité. Je suis arrivée tant bien que mal au guichet d’accueil, et j’ai répondu à cette femme qui me demandait si ça allait (en fait c’était la kiné) que j’avais un peu mal et que je venais là pour un monitoring. Sur ces paroles, Eline, cette très gentille sage-femme est venue me chercher et m’a emmené pour le monitoring. Les 2 petites salles étant prises, je suis allée dans la petite salle d’accouchement pour pouvoir surveiller ma tension en même temps.

Il y a 365 jours, je suis restée 1h là, allongée sur ce lit, toujours pas bien consciente, pas bien câblée à ce moment là, me demandant ce qui allait se passer. A regarder ces pics sur le monitoring, ces pics qui allaient dans la zone rouge de plus en plus fréquemment et avec beaucoup moins de répit. Alors là, oui là, seulement là, mon esprit scientifique a repris le dessus sur mon esprit de femme enceinte un peu droguée aux hormones, et c’est en regardant ce graphe que j’ai compris ce qu’il se passait.

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Il y a 365 jours, j’ai réussi à me micro-assoupir pendant les quelques mini-minutes entre deux contractions. Quand Eline est revenue pour m’examiner, elle m’a donné la nouvelle que mon cerveau avait refusé de percuter: j’étais pas en pré-travail… le travail était largement commencé puisque j’étais dilatée à 5cm et qu’il allait falloir s’activer un peu pour faire venir le futur papa illico-presto!!!

Il y a 365 jours, commençait la plus belle (et difficile, et douloureuse, et longue, et fatigante…) journée de toute ma vie.

PS: la suite de cette journée suivra certainement…